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EN INCANDESCENCE

Il fut subjugué par la beauté de son regard, ne pouvant ôter de sa mémoire l’intensité de ce bleu presque améthyste dans lequel se reflétait son propre visage. Un regard tellement abrupt qui ne pouvait rivaliser avec la vive lumière d’une bougie incandescente.

Mon âme se perdait dans mes rêveries et je ne souhaitais pas être ramené à la réalité, la magie de la vision de son corps envahissait mon être entier. Je m’approchais de la fenêtre du salon, tout en ayant pris soin d’éteindre chaque lampe, chaque bougie, et, en passant près du fauteuil où elle s’était assise, j’en caressais doucement le dossier, comme si par ce geste je caressais son dos. J’essayais là de retrouver la même  exaltation, lorsqu’à travers sa robe je  parcourais lentement le creux de ses reins, où je devinais sa peau délicate et soyeuse.

Dehors la lune froide et glaciale jetait ses reflets sur une mer noire et agitée. Son visage, presque aussi blanc que l’arum abandonné dans un vieux soliflore, fascinait par l’étrange transparence de ses yeux.

Mais cette fois ci, l’eau qui jaillissait d’un mouvement trop régulier de ce visage ne me fit rien. J’étais comme paralysé, incapable de réagir. Comme un enfant qui n’éprouverait rien devant une boîte de chocolat aux multiples saveurs pourtant si appétissantes. Je m’en voulais de ne pas être touché par sa peine. Je n’étais plus humain. Elle s’éloigna, nimbée de ce mystère qui lui est si particulier, ne laissant qu’un infime souvenir de sa présence, une odeur de fleurs blanches, aérienne et légère, qui peu à peu se fond dans l’oubli sans toutefois disparaître à jamais.

Elle retira lentement ses gants puis fit doucement glisser la bague en argent qui se trouvait sur son annulaire droit et la jeta dans un mouvement de rage et de désespoir par dessus les marches, puis s’éloigna dans le froid en cette journée de décembre.

Cette fièvre de la recherche permanente de la satisfaction a laissé place à une libération que je n’osais espérer, laissant derrière moi le carnage de toute une vie passée à chercher l’inconnu et le danger. Au départ, ce fut comme une caresse lente et hésitante, je ne pris pas tout de suite conscience de ce qui m’arrivait, et puis un jour la révélation. Depuis, ma vie ressemble à une longue et douce promenade un jour de printemps sur les bords du cap.

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